QI de Christina Dalcher
De quoi ça parle ? QI est un roman dystopique captivant qui explore une société où les enfants sont classés selon
En 10 lignes
En 10 minutes :
Petite Enfance
Je suis Géraldine, j'ai 42 ans et je vis actuellement en Alsace, près de Strasbourg.
Originaire de Lorraine, j'ai déménagé régulièrement au sein de cette région tout au long de mon enfance en raison de la carrière de mon père. Mon début de vie était standard jusqu'à ce que l'épreuve de l'école ne vienne bouleverser mon quotidien.
À l'âge de 3 ans, je suis entrée en petite section, mais j'ai tenu seulement un mois. Trop de bruit, trop d'enfants, une maîtresse qui m'ennuyait beaucoup... J'ai développé une phobie scolaire qui a duré deux ans.
En grande section, après un nouveau déménagement, il n'y avait plus d'échappatoire. Je me vois encore, sur les genoux de mon instit, hurlant toute ma rage et ma peur de retourner dans ce que je percevais déjà comme une prison.
Après plusieurs semaines, j'ai capitulé et j'y suis allée chaque matin, la mort dans l'âme et dans un état de renoncement total.
Enfance
À 6 ans, la révélation est arrivée.
J'ai appris à lire.
J'ai scellé les clés de ma destinée en comprenant que tout ce que je rêvais de savoir était gravé sur quelques morceaux de papier. À moi de m'organiser pour en apprendre le plus possible.
C'est ainsi qu'au cours du CP, j'ai reçu un prix spécial pour avoir lu 100 livres en seulement quelques mois. La maîtresse n'avait jamais vu ça de sa carrière.
J'avais des amis, mais je me sentais en décalage permanent avec eux. Je me disais de plus en plus que j'avais un problème car je ne trouvais personne qui me ressemblait.
Le reste de ma scolarité s'est déroulé sous le signe de l'ennui.
Résultat, j'ai fini par sauter une classe (le CM1), ce qui n'a en rien résolu mon rejet profond de l'école (ni mon ennui d’ailleurs).
Adolescence
Après un nouveau déménagement, me voici au collège.
Je n'y trouvais toujours aucun intérêt. J'étais alors très anxieuse et la pression scolaire ne m’aidait pas.
Heureusement, nous avons eu la bonne idée de vivre à côté de la bibliothèque de quartier. Je passais mon temps à y faire des allers-retours pour dévorer leurs contenus.
Malgré tout, j'avais toujours très peur de mal faire, de me faire remarquer et de ne pas plaire aux professeurs.
Donc, malgré mon ennui, je travaillais et j'étais première de ma classe durant mes quatre années de collège.
Comme au primaire, j'avais des amis mais je me sentais très seule. Je ne sortais pas, je préférais largement lire et être seule que de côtoyer des personnes avec qui je n’étais pas à l’aise.
À la fin de la 3ème, nous avons refait nos cartons pour une nouvelle destination avant d'intégrer le lycée.
Au lycée, c’est la dégringolade. Je commençais à m'installer sur les bancs au fond de la classe. J'excellais dans les matières littéraires sans trop d’efforts et m'ennuyais profondément en sciences (tout en ayant des résultats corrects).
Pour la première fois, je me suis trouvée de vrais amis. C’est LA bonne nouvelle de cette période de ma vie.
À la fin de la seconde, je me suis orientée en section… Scientifique bien entendu !
Divine période où l’on choisissait ton orientation en fonction de là où la société avait le plus besoin de toi et non en fonction de tes appétences (ah mince, on me glisse dans l’oreillette que rien n’a changé).
Même si mes résultats étaient corrects, le lycée était pour moi synonyme de souffrance psychologique intense.
Le temps était interminable en cours, je compensais mon ennui comme je pouvais (hello le bavardage) et le soir, l’idée de devoir à nouveau travailler chez moi était insoutenable. Étant épuisée de mes journées, je n'étais pas du tout efficace et finissais souvent mes devoirs dans la nuit.
Malheureusement, j'étais dotée d’une résilience infinie qui faisait que je donnais le change. Peu importe ma souffrance, je luttais pour rester une élève et enfant modèle.
En 1998, ultime déménagement pour intégrer alors un nouveau lycée l’année du bac. C’est ainsi que j’ai débarqué en Alsace.
J’ai obtenu malgré tout mon bac mais je pense être en plein burn-out à cette époque.
Je n’oublierai jamais le jour de la remise de mon diplôme : mon professeur principal m’a littéralement jeté la copie de mon diplôme à la tête en me disant que c’était le bac scientifique le moins mérité de sa carrière. Et oui, j’avais obtenu mon bac grâce à mes excellentes notes dans les matières littéraires.
Début de ma vie d’adulte = tout s’effondre
N’ayant jamais osé me questionner sur mes aspirations profondes, pétrie de certitudes complètement erronées (du style, ça ce n’est pas pour moi, ça c’est trop dur, ça c’est pour les nuls etc.), je suis alors complètement perdue.
Je passe 6 années à la fac pour en sortir péniblement avec un simple bac +2.
Je profite de ce laps de temps pour faire une profonde dépression qui m’empêche de sortir de chez moi pendant plusieurs mois. Je peine à m’alimenter.
Ce sont 6 années où je suis très seule. Je me sens incapable d’entreprendre quoi que ce soit. Je déteste en prime les lieux étudiants, le bruit, l’alcool, les conversations futiles qui ne servent à rien…
D’un point de vue maturité émotionnelle, c’était le néant.
Faut bien bosser un moment donné !
Je démarre alors dans ma vie professionnelle avec une estime de moi proche de zéro.
Je n'ai presque pas de diplôme, l’impression d'être incapable de quoi que ce soit.
Je n'ai donc qu’une seule issue : intégrer la fonction publique ! Ce grand graal qui vous garantit la sécurité de l’emploi même si vous ne valez rien. Exactement ce qu’il me faut.
Comment ? Que dites-vous ? Est-ce que cela correspond à mes aspirations et à mon tempérament ? Mais enfin ma brave dame, ce ne sont pas des questions que l’on pose, voyons !
Le jour où je décroche mon concours d’accès, je pleure toutes les larmes de mon corps. Tout le monde pensait que c’était de joie. Mais je le vivais comme si on m’annonçait que je venais d’être condamnée pour perpet’.
J'y ai plongé pendant 12 ans.
J'ai passé tous les concours.
J’ai changé de postes tous les 18 mois.
J’ai connu une ascension professionnelle intéressante : en 10 ans, je passe de simple secrétaire à chef de service.
Je m'attire alors les foudres de tous ceux qui y végètent depuis toujours.
Je reprends pourtant un peu confiance en moi.
Je gagne enfin en maturité émotionnelle (même si ce n’est pas ouf), ce qui me permet de rencontrer mon futur mari.
Ça y est, je vais souffler ?
Absolument pas ! Mes certitudes vont (à nouveau) voler en éclats.
2014 : je deviens alors Maman
Je ne sais pas alors que c’est maintenant que le grand chamboulement démarre.
J'accueille une petite fille.
Et je me prends l’équivalent d’un TGV émotionnel dans la tronche.
Deux ans et demi plus tard, j'accueille une deuxième petite fille.
Enceinte de 8 mois, j'annonce alors à ma cheffe que je ne reviendrai pas bosser.
Vous pensiez vraiment que j’allais me plaire dans un système ultra pyramidal, lent, mou et qui ne tolère pas la créativité ?
Je ne sais pas encore quoi faire de ma vie mais j'ai compris qu'il était pour moi de m'écouter et de montrer à mes filles la voie de la réalisation personnelle.
SA voie, en fonction de qui on est vraiment.
C’est LE moment pour moi.
Depuis 2019, j'ai ainsi professionnellement (liste non exhaustive) :
Mais j’ai aussi et surtout travaillé sur moi comme jamais.
Une phase douloureuse mais sans laquelle je ne serai pas arrivée là où je suis aujourd’hui.
Et aujourd'hui, j’en suis où justement ?